bandeau cathojeunes78 logo cathojeunes
Accueil > Dossiers Thématiques > Discerner sa vocation

Dossiers Thématiques : Discerner sa vocation
Fausses pistes et vrais chemins pour discerner sa vocation

Quelques fausses pistes...

• L’impatience « Mon bac approche ! Il est urgent que je sache ce que je veux faire plus tard de ma vie ! » L’impatience est souvent le signe que la maturité affective n’est pas totale et elle est, dans tous les cas, mauvaise conseillère.

• Le papillonnage « Je veux essayer plusieurs communautés avant de trouver la bonne afin de ne pas me tromper ! » Ce « tourisme spirituel » peut durer longtemps si on ne prend pas le temps de répondre à ces deux questions : « Est-ce vraiment le Seigneur qui m’appelle ? » et : « Qu’est-ce que je cherche au juste ? »

• La polarisation exclusive « Je veux devenir prêtre (ou religieuse), c’est maintenant décidé, je ne changerai pas d’avis ! » « Prêtre (ou religieuse), jamais de la vie ! Je veux me marier et avoir des enfants ! » N’envisager qu’une seule vocation, se refuser de « regarder ailleurs » doit nous conduire à rechercher les raisons de cet attachement exclusif.

• La fuite du monde « Le monde est mauvais : il n’est pas possible d’y vivre en chrétien. Je rentre au monastère ! » La réponse à un appel du Seigneur ne peut pas être fondée sur une attitude négative. C’est bien dans ce monde qui est le nôtre que le Fils de Dieu s’est incarné et son appel passe par le même amour que le sien pour le monde à sauver. Si l’appel est authentique, le regard sur le monde se fera peu à peu plus juste, plus positif, plus réaliste.

Quelques illusions...

« Ma réponse à l’appel du Christ, je ne la connaîtrai vraiment que plus tard : le jour de mon mariage ou le jour de mon ordination ou le jour où je m’engagerai définitivement dans la vie religieuse ! » Or la réponse que je donne aujourd’hui prépare et conditionne celle que j’aurai à donner à ce moment décisif.

« Je choisis de devenir prêtre ou religieuse parce que c’est « le plus haut service », « la plus belle vocation ». Or il n’y a pas de vocation plus belle ou meilleure en soi qu’une autre. La seule chose importante - la plus belle pour moi - est que je suive le Christ sur le chemin où il m’appelle.

« J’abandonne mes études, je coupe les ponts derrière moi, pour une totale disponibilité à Dieu ! » Or la vie ordinaire est le lieu par excellence pour vérifier aujourd’hui ma réponse à l’appel du Seigneur.

« Je n’ai besoin de personne pour m’aider à découvrir ma vocation : l’Esprit Saint est toujours avec moi ! » La rencontre au plus intime de soi-même avec Dieu qui m’appelle (une vocation, c’est d’abord cela) demande à être soumise au discernement de l’Eglise.

« Afin d’être bien sûr(e), j’attends des signes clairs ! »Ce que l’on entend généralement par signes, aujourd’hui, est une intervention divine qui me dise ce que je dois faire. Les seuls signes réels sont ceux que nous apprenons à interpréter : paroles, rencontres, événements, après une prière prolongée ; tout ce qui relève de l’acte et non de l’impression.

Et quelques obstacles...

• Une conversion récente peut fausser le choix d’une vie consacrée La rencontre du Christ a été bouleversante et le désir s’est éveillé, impératif, de lui consacrer immédiatement tout mon être et toute ma vie. Or, il faut prendre le temps de laisser l’appel s’enraciner dans la durée.

• Une affectivité blessée par une enfance difficile par exemple, peut peser sur l’orientation d’un choix de vie et pas toujours de manière positive. Avant d’entreprendre une recherche, et en tout cas avant de prendre une décision, il est sage et profitable de faire le point sur sa vie affective avec une personne compétente.

Jalons pour de vrais chemins

Prendre du temps pour discerner. Ce qui est premier, en fonction de l’appel entendu, c’est que je choisisse Dieu, et non pas que je choisisse la vie consacrée ou le ministère ordonné. Cette mise en place progressive, qui distingue bien les étapes et les domaines, peut demander du temps. Mais elle permet ensuite de prendre une décision libre et réfléchie.

L’appel du Seigneur s’exprime dans le déroulement d’une histoire, la mienne. Partager avec un accompagnateur spirituel d’où vient mon projet, comment s’enracine-t-il dans mon histoire personnelle, quelles sont les lignes convergentes et les points forts ? Cela permet de distinguer peu à peu les étapes d’un chemin où le Seigneur m’invite à me rendre de plus en plus disponible.

Savoir prendre de la distance par rapport au projet de vie que j’ai déjà imaginé dans ma tête (mariage, sacerdoce, vie consacrée) afin d’être ouvert et réceptif à ce qui va advenir dans le futur et que je ne peux pas encore imaginer. C’est la condition pour que je devienne moi-même.

S’enraciner comme le Christ s’est enraciné dans notre humanité par son Incarnation... Choisir de le mettre au cœur de sa vie et de ses choix quels qu’ils soient. Voici quelques moyens utiles :

1. Prendre au sérieux ma vie de tous les jours : travail, études, engagements, loisirs, rencontres. Le Seigneur me donne rendez-vous là et pas ailleurs.

2. Examiner ma manière d’être avec le prochain « proche ». L’appel du Seigneur, s’il m’invite à vivre dans une plus grande intimité avec Lui, me conduit vers les autres et m’ouvre au monde. Ce critère est important pour m’assurer de la vérité de mon appel.

3. Mettre progressivement en place une vie de prière personnelle, nourrie de la Parole de Dieu, et la « tenir » malgré les difficultés rencontrées. S’efforcer d’adopter un rythme et le respecter. C’est le Seigneur qui révèle à chacun le désir profond qui l’habite. Ce désir intime rejoint celui du Seigneur lui-même et du bonheur de chacun. Les temps gratuits passés avec Lui trouvent là leur importance.

4. Prendre part personnellement à la vie de l’Eglise locale : par les sacrements, la participation à des groupes de chrétiens, à des services divers. Toute vocation naît et se développe dans l’Eglise. Elle est au service de l’Eglise pour l’annonce de la Bonne Nouvelle au monde. Quelle est ma place dans l’Eglise ? Se poser cette question et voir comment évolue la réponse que je lui donne au cours de ma recherche, est essentiel.

5 . S’efforcer de mettre en place un accompagnement spirituel personnel est indispensable pour toute recherche de vocation. L’accompagnement atteste que je m’en remets effectivement au Seigneur, par l’Eglise, dans le discernement de l’appel entendu. Mais l’accompagnateur n’est pas celui qui prend les décisions à ma place, il est seulement le témoin et celui qui aide à éclairer le chemin.

Une question mérite d’être posée au cours de ma recherche de vocation : l’éventualité de devenir prêtre ou religieuse me rend-il (elle) profondément heureux(se) ? Si oui, pourquoi ? Si non, pourquoi ?

Et si j’osais dire à Dieu dans ma prière :

« Seigneur, qu’attends-tu de moi, que veux-tu que je fasse pour toi ? »

« Montre moi la route à suivre ! Fais moi connaître ma vocation, celle où je serai le plus heureux et où je pourrai rendre les autres heureux ! »

« Car, de nouveau, le Seigneur prendra plaisir à ton bonheur, comme il avait pris plaisir au bonheur de tes pères » (Dt 30, 9).

retour