En 1956, paraît chez Tériade la Bible de Marc Chagall, une suite de 105 planches gravées à l’eau-forte illustrant des épisodes bibliques. Les aléas de l’histoire auront en fait reporté de plus d’un quart de siècle l’achèvement de ce projet, dû originellement à une commande d’Ambroise Vollard.
L’exposition retrace ce long processus de création, de 1930 à 1956, depuis la magnifique série de gouaches réalisée par l’artiste, en passant par les différents états de gravure où le motif se précise, jusqu’aux gravures définitives rehaussées à la main. Cette aventure aura des suites remarquables, dont la série des peintures monumentales du Message biblique.
L’exposition vise à interpréter le travail de
Chagall et à approfondir ses sources d’inspiration ; elle montre en particulier que la Bible hébraïque, la Torah, occupe une place centrale dans l’univers de l’artiste, au point d’être à la naissance d’un motif qui traverse tout son œuvre : la Torah, seul trésor du peuple juif, celui qu’il sauve dans la tourmente du pogrom et de la persécution.
Le voyage que Chagall effectue en 1931, dans la Palestine mandataire et qui le conduit sur les lieux saints du judaïsme : Jérusalem, Hébron, Safed, exercera une influence durable sur son œuvre, alors même qu’il se vit comme un passant entre des mondes qui, les uns après les autres, lui deviennent inaccessibles : la Russie, l’Allemagne puis la France, enfin.
Sa création est nourrie par l’enseignement biblique qu’il reçut enfant et peuplée par les souvenirs de sa jeunesse àVitebsk et du monde du shtetl mais également par une traduction de la Bible en yiddish due à un poète de sa génération. Elle s’inspire aussi de la leçon des maîtres de la gravure et au premier chef, de celle de Rembrandt.
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