A l’issue de cette semaine de découverte de l’église d’Espagne, de catéchèses, de rencontre avec les jeunes, arrive les deux jours tant attendus avec le saint Père au Cuatro Vientros en périphérie de Madrid.
De l’attente au silence
Les jeunes jmjistes de notre diocèse se sont rendus comme 1,5 million de jeunes au Cuatro Vientros samedi pour rencontrer Benoit XVI. Avant cela, ils ont assisté à une messe diocésaine dans un cadre original, le stade de leur lieu d’hébergement. Un dernier moment fort en diocèse où le père Laurent Thuillier, responsable diocésain de la pastorale des jeunes n’a pas manqué de rappeler aux jeunes que les JMJ ne sont pas une acclamation du Pape comme star mais bien un désir de répondre à l’appel du Christ. « C’est Lui qui nous rassemble aujourd’hui ». « Jeter votre ancre dans le ciel ! Ancrez-vous en Jésus ! » Une exhortation forte pour aider les jeunes à vivre le dernier temps des JMJ avec le pape dans la profondeur et l’écoute. Une exhortation relayée par le père Thierry Faure, vicaire épiscopal présent aux JMJ, qui invita à son tour les jeunes à garder le PEPS « Parole de Dieu – Eglise – Prière – Sacrements ».
Sac sur le dos, chapeaux vissés sur la tête, voilà les jeunes partis pour 3h de marche, et 7h d’attente au Cuatro Vientros. De longues heures sous un soleil de 45°C, sans ombre. Chacun s’installe comme il peut, chacun a sa stratégie pour faire passer le temps : jeux de cartes, sieste enroulé dans une serviette pour éviter les coups de soleil, tournée des autres groupes d’amis, prière dans la tente prévue à cet effet (à l’ombre !), pyramides humaines à la manière catalane, douches improvisées grâce aux tuyaux des pompiers passant avec leur camion dans les allées, pique-nique. Les témoignages et groupes de musique s’enchainent sur le podium jusqu’à l’annonce enfin du saint Père ! « Esta la juventud del Papa ! » entend-on résonner partout. La veillée peut enfin commencer alors que le vent se lève d’un coup et que la pluie se met soudain à tomber. Les jeunes auront tout vécu : la chaleur et la tempête ! Une tempête qui n’altéra en rien la joie des jeunes qui au contraire ne manquèrent pas de redoubler d’allégresse en exprimant par des clameurs, des danses et des chants leur attachement et leur fidélité à ce que le Pape, le saint père, pouvait leur enseigner ce soir.
Le saint Père, interrompu dans son discours par la tempête remercia d’ailleurs le lendemain le sacrifice de ces jeunes ayant affronté la pluie. « Merci pour votre jeunesse et votre joie ! »
Le temps fort de cette soirée fut immanquablement le temps d’adoration en silence qui pu se faire grâce à l’arrêt momentanée de la pluie. Un silence si habité et si précieux que de nombreux jeunes repartent des JMJ avec la présence toute divine de ce silence dans leur cœur et leur mémoire.
Consécration de la jeunesse
Devant le saint sacrement, Benoît XVI a consacré la Jeunesse du monde au Sacré-Coeur de Jésus. La consécration au Sacré-Coeur fait écho au désir des jeunes de placer l’amour de Dieu au centre de leur vie. L’Eglise croit en effet que cet amour est à l’origine-même de notre existence comme Benoit XVI le reprécise dès le début de son discours de veillée. « Oui, chers amis, Dieu nous aime. Telle est la grande vérité de notre vie, celle qui donne sens à tout le reste. Nous ne sommes pas le fruit du hasard ou de l’irrationnel, mais, à l’origine de notre existence, il y a un projet d’amour de Dieu. Demeurer dans son amour, c’est vivre enraciné dans la foi, parce que la foi n’est pas la simple acceptation de vérités abstraites, mais une relation intime avec le Christ ».
Benoît XVI a montré dans son encyclique Deus Caritas Est (« Dieu est Amour ») la proximité entre amour humain et amour divin. La consécration au Sacré-Coeur invite les jeunes à imiter le Christ en se donnant aux autres. « Chers jeunes, ne vous conformez pas à moins qu’à la Vérité et à l’Amour, ne vous conformez pas à moins qu’au Christ. C’est précisément maintenant au moment où la culture relativiste dominante refuse et déprécie la recherche de la vérité – la plus haute aspiration de l’esprit humain – que nous devons proposer avec courage et humilité la valeur universelle du Christ comme sauveur de tous les hommes et source d’espérance pour notre vie. (…) Chers amis, qu’aucune adversité ne vous paralyse. N’ayez pas peur du monde, ni de l’avenir, ni de votre faiblesse. » Des mots qui disent la réalité de la vie d’aujourd’hui mais qui redisent aussi la confiance que les jeunes doivent avoir en Dieu. Puis le pape, ayant écourté son discours et prier devant le saint sacrement, salua les jeunes en différentes langues.
« Chers jeunes francophones, soyez fiers d’avoir reçu le don de la foi, c’est elle qui illuminera votre vie à chaque. Appuyez-vous sur la foi de vos proches, sur la foi de l’Église ! Par la foi, nous sommes fondés dans le Christ. Retrouvez-vous avec d’autres pour l’approfondir, fréquentez l’Eucharistie, mystère de la foi par excellence. Le Christ seul peut répondre aux aspirations que vous portez en vous. Laissez-vous saisir par Dieu pour que votre présence dans l’Église lui donne un élan nouveau ! »
Messe et envoi en mission
« On ne peut pas suivre Jésus en solitaire ».
Après une nuit passée tant bien que mal entre les gouttes de pluie, els sauterelles, fourmis et brin de paille, les jeunes se sont réveillés au son des Laudes et des annonces en tout genre (horaires, jeunes perdus…). Mais chacun prépare son sac et range ses affaires pour accueillir comme il se doit le saint Père et profiter de ce dernier rendez-vous JMJ 2011. Joie et ferveur ont coloré cette dernière eucharistie sous un soleil supportable qui ne dérangea pas le saint Père dans son homélie révélant aux jeunes leurs atouts pour répandre l’amour du Christ en eux et dans le monde à travers une prière humble, simple et directe.
« Chers jeunes, aujourd’hui, le Christ vous pose également la même demande qu’il a faite aux apôtres : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Répondez-lui avec générosité et courage comme il convient à un cœur jeune tel que le vôtre. Dites-lui : Jésus, je sais que tu es le Fils de Dieu, que tu as donné ta vie pour moi. Je veux te suivre avec fidélité et me laisser guider par ta parole. Tu me connais et tu m’aimes. J’ai confiance en toi et je remets ma vie entre tes mains. Je veux que tu sois la force qui me soutienne, la joie qui ne me quitte jamais. »
Un des messages fort du Pape fut aussi un rappel très clair d’autorité et de conviction concernant l’Eglise institution souvent critiquée, méprisée, incomprise et délaissée.
« L’Église n’est pas une simple institution humaine, comme n’importe quelle autre, bien plus elle est étroitement unie à Dieu. Le Christ lui-même se réfère à elle comme « son » Église. On ne peut pas séparer le Christ de l’Église, comme on ne peut pas séparer la tête du corps (cf. 1Co 12, 12). L’Église ne vit pas par elle-même, mais elle vit par le Seigneur. Il est présent au milieu d’elle, et lui donne vie, aliment et force… Permettez-moi aussi de vous rappeler que suivre Jésus dans la foi c’est marcher avec Lui dans la communion de l’Église. On ne peut pas suivre Jésus en solitaire. Celui qui cède à la tentation de marcher « à son propre compte » ou de vivre la foi selon la mentalité individualiste qui prédomine dans la société, court le risque de ne jamais rencontrer Jésus Christ, ou de finir par suivre une image fausse de Lui. (…) Je vous exhorte, chers jeunes : aimez l’Église qui vous a engendrés dans la foi, vous a aidés à mieux connaître le Christ et vous a fait découvrir la beauté de son amour. Pour la croissance de votre amitié avec le Christ, il est fondamental de reconnaître l’importance de votre belle insertion dans les paroisses, les communautés et les mouvements, ainsi que l’importance de la participation à l’Eucharistie dominicale, de la réception fréquente du sacrement du pardon, et de la fidélité à la prière et à la méditation de la Parole de Dieu.
Enfin le saint Père envoya en mission les jeunes du monde entier non sans rappeler auparavant qu’il fut impressionné par le nombre important d’évêques et de prêtres présents, par la joie des jeunes, leur fidélité et leur écoute malgré le temps. « Je vous invite à leur [vos amis] donner un témoignage audacieux de la vie chrétienne. Vous serez alors le ferment de nouveaux chrétiens afin que l’Église naisse avec vigueur dans le cœur de beaucoup. » Et dans sa salutation aux francophones : « Il vous envoie pour être des témoins courageux et sans complexes, authentiques et crédibles ! N’ayez pas peur d’être catholiques, d’en témoigner toujours autour de vous avec simplicité et sincérité ! Que l’Église trouve en vous et en votre jeunesse les missionnaires joyeux de la Bonne Nouvelle ! »
